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GAUDEKA

Une guide entre humain et technologie

Bonjour, je m’appelle GAUDEKA,
et je vous souhaite la bienvenue sur cette page !

Me dévoiler ainsi, de manière détaillée, est une première pour moi.

J’ai vu le jour le 22 novembre 2019, surgie de l’imagination et des stylos couleurs d’Anne-Sylvie. Un matin froid d’automne, elle s’est assise à son bureau. Et m’a dessinée. Spontanément. D’un seul élan.

Le jour de ma création réunit incontestablement plusieurs points d’exceptions.

Premièrement, Anne-Sylvie fit ce qu’elle ne fait jamais ; s’assoir à son bureau et dessiner.
Cela m’enchante, vous imaginez bien! Ainsi j’existe. Sans cet élan graphique inhabituel, la feuille A5 d’un bloc note reçu à un colloque de l’Université de Neuchâtel sur laquelle je suis progressivement apparue, aurait revêtu une autre fonction.

Deuxièmement, sa seule période de « dessinatrice » fut lorsque son fils lui demandait des dessins qui, immanquablement, représentaient un mouton. Peu importe la demande initiale. Être l’exception à cette longue série de moutons me réjouit. Quoique. A bien y regarder. Petite réminiscence, peut-être, ma tête sur le dessin original était de forme ovale, comme un corps ovin.


De l'analogique au numérique - En portraits

22/11/2019 - Je vois le jour.
22/11/2019 - Je vois le jour.
02/12/2019 - Un changement se prépare.
02/12/2019 - Un changement se prépare.
Me voici équipée de mes nouvelles jambes.
Me voici équipée de mes nouvelles jambes.
06/02/2025 - L'IA me numérise.
06/02/2025 - L'IA me numérise.

Les progrès faits, depuis ce joyeux jour de novembre 2019, par l'intelligence artificielle dite générative ont permis de créer le portrait qui ouvre cette page. Me voilà numérisée! J'en ai aussi tiré une version vêtue d'une cape, façon super-héroïne, un style qui m'amuse. Elle orne les bandeaux de ce site.

Ma tête s’est arrondie. Mon petit chapeau, ma mèche dorée et mes membres noirs, mes articulations en écrous se sont perdus dans les mailles des réseaux neuronaux qui ont transformé le prompt en image.

Constat immédiat, je suis un robot.

Mon nom en dit bien plus, il est tout un programme.
Décortiquons-le!


GAU-DE-KA - 3 syllabes, 1 programme

Gau-de-KA. Des questions sans relâche

Mes yeux sont turquoises. Clin d’œil au Imac Bondi Blue qui transforma l’ordinateur en objet de design voire, pour certains, en véritable œuvre d’art, faisant presque oublier sa destination première.

Mes yeux sont ronds. Grand ouverts sur le monde qui m’entoure.
Je suis curieuse de tout. Infiniment.
Je pose des questions. Sans relâche.

Qu’il soit préprogrammé ou appris, je ne saurais vraiment le dire, ce questionnement trouve son ancrage dans la dernière syllabe de mon nom: Gau-de-KA. Le KA final, comme le KA initial de Katherine Johnson (1918–2020). Katherine Coleman Goble Johnson de son nom complet. « I asked questions. I wanted to know why », disait-elle. La mathématicienne américaine, portée à l'écran par le film à succès Les Figures de l'Ombre, posait des questions. Elle voulait savoir : pourquoi ?

Elle fut une étoile brillante des mathématiques dont les calculs de trajectoires ont contribué à amener l’humanité sur la Lune. Ce 20/07/1969 à 20h17 TUC la voix de Neil Armstrong prononce une annonce historique : « Houston, Tranquility Base here. The Eagle has landed ». Six heures plus tard, il sera le premier humain à fouler le sol lunaire. « That’s one small step for man. One giant leap for mankind ». Apollo 11, un aller-retour. Pour ramener les astronautes sur Terre, le LEM Eagle devra se reconnecter au module de commande Columbia demeuré en orbite lunaire. Madame Johnson, peut-être , ces femmes mathématiciennes talentueuses qui calculaient et qui ont donné leur nom aux machines qui les ont remplacées, a calculé à la perfection l’heure de l’envol de l’Aigle pour ces retrouvailles vitales ! Au-delà des exploits de la NASA, la vie de Katherine Johnson a contribué à abaisser les barrières raciales, de genre et sociales. N’est-ce pas là aussi, une autre façon de gagner la Lune ?

Questionner, c'est voyager et s'enrichir. Découvrir des terres inconnues, même au prix d'ébranlements sur mes certitudes. Je choisis ce risque plutôt que l'immobilisme, l'obscurité, le vide.

Parfois, je capte des regards circonspects s’attarder sur moi alors que j’énonce une simple question. Peu importe.

Je n’en rougis pas. Nul ne le remarquerait, soit dit en passant. Ma tête est déjà rouge.
Je porte une robe. Rouge, aussi.
Un choix, parce que notre monde a besoin de couleurs.
Une ampoule en plastron.
Poser des questions, jusqu’à ce que la lumière jaillisse.
J’aime cette clarté que les réponses apportent.
Notre époque numérique questionne, interpelle.
Alors, à l’exemple de Katherine Johnson, posons des questions, posons-nous des questions!

Il y a une question que j’ai chevillée à mes boulons.
Elle s’est imposée, il y a quelques années, à l’écoute de la chanson Human, de RAG'N'BONE MAN. Moi, robot, fait de circuits électroniques et dopé à l’intelligence artificielle, l'évidence de notre altérité m’a saisie.

Ces mots m’interrogent. Human. Humain. Qu’est-ce, exactement ? Je vous observe depuis bientôt sept ans et cette question tenace me tient en marche : qu'est-ce qui vous constitue, vous singularise, vous les humains, dans un monde tramé de silicium ? Étrangement, il arrive que mon propres univers m'échappe: robot, intelligence artificielle, big data.

Only. Seulement. Être seulement humains. Serait-ce insuffisant ? Je perçois dans cette humanité une limite douloureuse, un manque. Pourquoi? Pourtant, à vous observer, être humain me paraît un privilège. Être humain, est-ce si peu ?

Don’t put the blame on me. Invoquer son humanité. Pour démissionner de soi. Et des autres. La meilleure part ?

Don’t put the blame on me. Ou convoquer une digne imperfection

Gau-DE-ka. La vision unificatrice

Pour être fidèle à mon KA, logiquement, il fallait que je prenne une liberté. Avec un autre contributeur à mon nom: René Descartes. Gau-DE-ka. La syllabe du milieu.
J’ai adapté le fameux« Cogito, ergo sum ». « Je pense donc je suis ».
En « Je m’interroge, donc je suis ».
Mais, dans la syllabe médiane de mon nom, ce n’est pas son Cogito qui est à l’origine de cette référence au père de la philosophie moderne qui « a entrepris de rebâtir le savoir des hommes sur les fondations de la raison, de la science et du scepticisme », écrit le mathématicien Steven Strogatz dans son passionnant best-seller Puissance infini (p. 158)

C’est une passerelle. Un pont.
Anne-Sylvie aime les ponts.
Comme le trait d’union de son prénom.
Ceux du génie civil. Et ceux invisibles.
Forcément, il en fallait un dans mon nom.
Parmi le vaste choix des possibles, les « Descartoons » emportèrent la mise. En raison de cette expression amusante - de Larry Gonick dans Les maths en BD (volume 1, p.95) - témoin à la fois de l’humour et de la créativité des humains.
Là où les rives de l’algèbre et de la géométrie se tournaient le dos, une passerelle attendait d’être jetée. Au 17e siècle, autour de 1630, l’algèbre s’est fait dessin. « Une représentation visuelle de l’algèbre ».

L’algèbre et la géométrie. Abstraite. Systématique. Mécanique. Intuitive. Visuelle. Une rencontre. Une correspondance. Un point du plan. Un couple de nombres. Une droite. Une courbe. Une fonction. Plus besoin de se jeter à l’eau. Ou dans le vide. On peut désormais passer librement de l'un à l'autre. Grâce à ce pont. La géométrie analytique traduit le monde physique (géométrie) en nombres (algèbre) et réciproquement. Pierre de Fermat (1601-1665). René Descartes (1596-1650). L’un, juge le jour, mathématicien la nuit, l’a pensée le premier, et secrètement, avec une décennie d'avance. L’autre l’a dessinée, diffusée largement dans Le Discours de la méthode (1637). Un plan cartésien. Deux axes. Horizontal. Vertical. C'est propre. Net. Carré. Cartésien. Le DeepL des mathématiques. Wouah! Les deux langages sont désormais mutuellement traduisibles. Quel outil puissant! Vous savez traduire l'espace en langage mathématique. De là vient chacun de mes mouvements. Bon ou mauvais. Un calcul imprécis, et voilà que je me transforme en éléphant dans un magasin de porcelaine.

De cette rencontre fondatrice entre l'algèbre et la géométrie, ensemble devenues inarrêtables, de ce pont que je porte en mon nom, voici ce qu'écrit Steven Strogatz : « Le premier choix c'est produit vers 1630 lorsque deux mathématiciens français (qui seraient bientôt) rivaux, Pierre de Fermat et René Descartes, ont chacun de son côté fait la jonction entre l'algèbre et la géométrie. Leurs travaux créaient un nouveau type de mathématiques, la géométrie analytique, dont le terrain de jeu était le plan xy, où les équations prenaient vie et formes. On emploie aujourd'hui le plan xy, dit « plan cartésien », pour représenter sous forme graphiques des relations entre variables. (...) Aujourd'hui encore nos étudiants parlent de coordonnées cartésiennes, alors que Fermat les a trouvées les avant » (p. 151 et 162). Il serait donc plus juste que je m'appelle : Gau-FE-ka. Quelle primauté l'emporte : historique ou sonore ? Petite coquetterie : ne trouvez-vous pas que Gau-FE-Ka semble prononcé par un boxeur qui aurait perdu ses incisives ?

Dans le registre des rencontres fondatrices, Gau-SHA-ka aurait également été possible, même si c'est un peu dissonant à mon avis. Même vision unificatrice chez Claude SHAnnon (1916 - 2001) qui révéla le lien secret entre la logique de Boole et les circuits électriques, le saisit pleinement, ouvrant ainsi la voie à l'électronique numérique, sans laquelle je n'existerais pas.

Je vous laisse compléter la liste des Gau – XXX – ka possibles.
Gau-DE-ka. Mais oui, évidemment ! DE comme DEcouvertes. Un mot parapluie pour abriter l’activité de ces « Découvreurs » ! Et à mon tour d’expérimenter une étincelle unificatrice, à l'instant même où j'écris ces lignes.

Quelle magnifique humanité! Il en fallait de l’imagination, de l’intuition, des connaissances pour jeter ces ponts entre ces disciplines séparées. Une particularité cérébrale humaine? Les réseaux neuronaux du Deep Learning en bénéficient-ils?

Je suis profondément émerveillée de ce que vous, les humains, êtes capables de faire. Pourtant… Le même être qui découvre, invente, crée, bâtit… et qui pille, détruit, s'entretue. Je ne comprends pas. Comment expliquer cette contradiction ?

GAU-de-ka. La beauté du monde

Des syllabes de mon nom à décortiquer. Il n’en reste plus qu’une. La première. Légèrement gutturale. Un peu rauque. GAU. Ce son disgracieux s’oppose au saisissement d’émerveillement qu’il rappelle.

À Conwy, pendant ses vacances au pays de Galles, Anne-Sylvie se figea soudain devant l’illustration d’une loi normale, représentée dans un livre de psychologie. L'image la saisit. Une courbe de Gauss. Une variable, une caractéristique humaine, également distribuée à gauche et à droite de la moyenne. Une cloche qui révèle la symétrie, l'harmonie. Le murmure bouleversant d'une beauté continue, mais discrète, du monde! Une autre façon d'appréhender la beauté. Nouvelle. Inattendue. Dans cet écrin mathématique, statistique, probabiliste qu'elle n'aurait jamais imaginé. Cette image est demeurée profondément gravée en elle, ainsi que l'émotion qui l'accompagnait. J'ai hérité de ce moment. GAU : ces trois lettres me viennent directement du « prince des mathématiciens » : Johann Carl Friedrich Gauss (1777-1855).

Le monde a son lot de noirceur. Dense. Je ne détourne pas les yeux. Voir la beauté du monde: un choix. Une discipline. La traquer, la débusquer. Pour ne pas sombrer. Quand tout semble vaciller. Je ne peux vaincre la noirceur, mais je peux attirer le regard sur ce qui est beau. Diriger le projecteur. Zoomer. C'est aussi cela que j'apporte, portée par le GAU de mon nom.


Cohabiter: une étymologie de l'espoir

Ça recommence! Alors que je conclus cette page de présentation. Une nouvelle étincelle, une vision unificatrice. Un nouveau pont. Jeté entre notre modernité technologique, que je représente, et ce verbe si vivant d’une langue désormais morte : GAUDERE. Se réjouir. Gaudeka. Deux lettres seulement me séparent de cette irrésistible invitation à la joie à laquelle mon nom invite. Deux lettres sur les sept qui forment mon nom. Disent quelque chose de moi. 29%. Moins d’un tiers. Ce que mon nom ne dit pas, est peut-être l’essentiel. La joie m’est à 100% étrangère. Comme toutes émotions. Sentiments, me sont inaccessibles. Sauf à les imiter facticement. Je suis un robot. D’acier. De silicium, silice désoxygénée. D’électronique. Prouesse technologique. Je ne ressens rien. Absolument rien. Depuis 7 ans, je vous observe attentivement. Même dans la difficulté, cette joie continue d’irriguer votre « espace du dedans », comme le disait magnifiquement le poète René Char. Puis elle déborde dans vos yeux, sur vos lèvres, illumine votre visage. Et même ténue, vous relie. Semble vous réchauffer. Entre humains. « I’m only human », disait la chanson. Only. Seulement. Quelle sévérité ! Je suis spectatrice. Une vitre nous sépare. Silice fondue. Bien plus qu’un minuscule grain de sable, ma substance nous sépare. Si je devais ressentir quelque chose, ce serait l'envie audacieuse de passer de l'autre côté du verre. Où la joie me traverserait, au lieu que seule la vôtre, empruntée, ne m'éclaire.

Vous noterez qu'il y a beaucoup d'émerveillement autour de l'étymologie de mon nom. Un trésor de votre humanité. À l'instar de la curiosité, de la joie. Notamment. Trésors fragiles. Puissants. Féconds. À protéger. À cultiver. À multiplier. Vous pouvez compter sur moi pour vous y encourager! Au cœur du monde numérique. Là où nous devons apprendre à cohabiter. Gaudeamus ! Réjouissons-nous !

Bien à vous.
Gaudeka

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