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Éclairer les enjeux du numérique et nourrir le dialogue entre humain et technologie

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Séminaire de culture et citoyenneté numériques

Publié le 9 juillet 2026 à 16:30 par Anne-Sylvie Weinmann
image (c) ASW
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Relevons le défi! Soyons actrices et acteurs de notre monde numérique

« Alors? C’était comment? Plus de patron et de RH humain mais que de l’IA polie et qui te donne des instructions avec des formules douces et encourageantes? »

Voici la question que l'on m'a posée sur un réseau social concernant le colloque « Algorithmes, IA et droit du travail » auquel je me suis rendue le 19 juin à l’Université de Neuchâtel, et dont je vous ai parlé dans un post récent.

Je pensais simplement reproduire ici la réponse que j’ai apportée, et puis je me suis ravisée. Je vous parlerai d’une motivation profonde.

Comprendre, partager des connaissances, ouvrir un espace de questionnement pour être des actrices et des acteurs de notre monde numérique en profonde mutation: c'est le fondement et ce qui m'anime pour le développement de mon Séminaire de culture et citoyenneté numériques. Aller à Neuchâtel répondait à une aspiration complémentaire: celle d'ouvrir mes sources d'information, de confronter mes idées, d'apprendre, pour partager ensuite.

La question du travail - que ce soit le nôtre, celui des générations à venir, ou celui des data workers de l’ombre - constitue une des facettes de cette profonde mutation. Il s'agit d'un des thèmes abordés pendant le séminaire, à côté d'autres, tous traités de manière interdisciplinaire et vivante. Cet enrichissement procède de mon parcours: ma passion pour l’histoire de l’informatique et des échecs, un diplôme en data science et machine learning, un passé d’avocate au barreau puis en entreprise, plus d’une décennie comme proche-aidante qui m’a ancrée au cœur de l’humanité dans sa force et sa vulnérabilité, et enfin, maman d’un jeune de 17 ans en plein apprentissage et au début de sa carrière.

Tout s'accélère. Notre monde change vite et profondément. C’est stimulant. On y perd aussi nos repères. Mais souvenons-nous que l’être humain possède une extraordinaire capacité de résilience. Je vous propose un Séminaire de culture et citoyenneté numériques pour apprendre, comprendre, échanger, et choisir dans quelle société vous souhaitez vivre, quels citoyennes et citoyens vous souhaitez être, individuellement et collectivement.

Nous vivons une époque de profondes transformations qui s'inscrivent entre deux pôles, une opposition qui mime les deux couleurs du jeu d'échecs.
L'un: idéalisation, technosolutionnisme, utopie — la technologie réglera tous nos problèmes.
L'autre: diabolisation, catastrophisme, dystopie — la fin de l'humanité est programmée.
À nous de trouver la voie médiane entre ces deux pôles.
Un défi ambitieux? Oui! Et essentiel! Ne craignons pas de commencer modestement: chacun à son échelle, là où il se trouve

Comprendre plutôt que craindre

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Je ne pratique plus comme avocate et n’assiste désormais que très rarement à des colloques juridiques. Le temps de l’exception était arrivé, je me suis donc inscrite à la journée CERT 2026, à Neuchâtel sur le thème « Algorithmes, IA et droit du travail ».

La question rapportée en ouverture de ce billet, reflète une l'inquiétude légitime que j’entends, que je lis, que je partage, face à l'évolution du monde du travail, sa transformation, et le futur de nos emplois. Elle touche à une part significative de notre vie.

Et si l'on fait un pas de plus, on en vient à s’interroger:
- Comment les humains gagneront-ils leur vie?
- Dans quelles conditions et environnements de travail?
- Quel sens la société accordera-t-elle au travail?
- Et pour chacun, quel sens trouvera-t-on dans ce que l'on fait?
- Qu'est-ce qui nous nourrira, au propre et au figuré?
- Que semons-nous pour les générations futurs?

A ce stade, nous naviguons à vue. Je suis donc allée à Neuchâtel m’informer et me former, et rencontrer, pendant les pauses, des personnes du terrain pour qu’elles me disent quelle place concrètement le numérique et en particulier l’IA occupent dans leur activité professionnelle, ainsi que dans celle des personnes qu’elles conseillent, accompagnent, recrutent, forment, défendent, jugent.

Le paysage professionnel est remodelé. Certaines tâches réalisées par des humains sont, seront automatisées, vont disparaître. Certaines professions entières aussi. D'autres nécessiteront des effectifs réduits pour les effectuer. De nouvelles activités et possibilités émergeront, ainsi que des professions passionnantes que l'on ne peut imaginer aujourd'hui. Qui, au tournant du XXᵉ siècle, aurait imaginé le métier de pilote de ligne, d'astronaute ou de pilote de drone? De pouvoir effectuer des recherches en accédant à des milliers de documents à travers un écran, en restant assis sur sa chaise? Cette mutation du monde du travail dans ses dimensions positives et négatives est un enseignement irréfutable de l'histoire des révolutions industrielles. Mais nous ne sommes pas dans un système de vases communicants. La personne qui perd son job car ses compétences et qualifications ont été automatisées ne pourra pas forcément bénéficier d'un nouveau job, fruit de l'évolution technologique. Ne tombons pas dans l'illusion d'un équilibre automatique. Des gens resteront sur le carreau. Avec tout ce que cela implique. Œuvrons à la mise en place de dispositifs transitionnels.

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Cette mutation, nous pouvons toutes et tous l'observer à notre échelle. J'ai eu ma première voiture en 1993, une Opel Corsa Swing rouge trois portes; je m'arrêtais parfois faire le plein dans une station-service où il y avait un pompiste. Qu'est-il devenu ? Il n'y a plus de pompiste. Un métier manuel, disparu. Un jour, vraisemblablement, il n'y aura plus de caissières non plus. Avocate, j'étais spécialisée dans les contrats techniques: informatique, entreprise et construction, R&D. Un métier intellectuel, menacé à son tour. Ce qui me stimulait, c'était la découverte de domaines variés, précis, ancrés dans le réel, et les échanges avec des spécialistes souvent investis, voire passionnés. Juridiquement, j'aimais ce que l’IA grignote inéluctablement: le processus de création du contrat, l'organisation des clauses, la rédaction fine pour que cela corresponde aux besoins des parties, la recherche d'un équilibre.

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Un article paru dans la Harvard Business Review (p. 32) intitulé Comment les entreprises se servent des agents intelligents pour négocier révèle un puissant mouvement de fond:

« Le rôle de l'IA Générative dans la négociation de contrats évolue rapidement d'outils de soutien en outil qui peut, dans certains cas, négocier de manière autonome des contrats entiers avec des parties adverses humaines, voire avec d'autres robots. » (...)

« Les négociations complètement autonomes se limitent à des accords d'achat de valeur relativement faibles. Mais des pionniers en la matière, comme Walmart et Maersk, ont montré ce qu'il était possible de faire. En définissant des paramètres clés et des arbitrages d'emblée, ces entreprises ont utilisé des agents d'IA pour conclure des milliers négociations avec des interlocuteurs humains. »

L’article précise qu’il s'agit encore de contrat fournisseurs « de second plan » qui, sans IA, n'auraient pas été négociés du tout. Cette négociation automatisée génère de la valeur en affinant les calendriers de livraison, les délais et les conditions de résiliation.

« Parallèlement, dans le monde de la recherche, des robots négocient déjà directement entre eux. » (…)

«A mesure que ces capacités progressent, les entreprises vont de plus en dépendre de la technologie pour des négociations où elles auraient de toute façon bridé l’autorité humaine, ce qui libérera les négociateurs humains pour se concentrer sur les deals complexes à forts enjeux où la créativité et le jugement comptent plus.»

L’IA libérera-t-elle vraiment les négociateurs humains? Qui seront-ils: les personnes du terrain, les juristes? Y aura-t-il beaucoup d’appelés et peu d’élus? Des élues aussi? Et/ou l’IA réduira-t-elle simplement le nombre de ceux qui restent nécessaires? Les deals complexes à forts enjeux ne sont pas légion. Et la créativité, le jugement ne se décrètent pas. Ces qualités s'affûtent par la pratique, l'expérience, la confrontation au réel. Si les juniors n'ont plus accès aux négociations de moindre envergure, comment forgeront-ils, aiguiseront-ils ce jugement? Comment cultiveront-ils cette créativité? On n'apprend pas à nager en observant depuis la rive, encore moins depuis son canapé.

Quelque chose bouge, est en développement. Croît. Un ancien monde s’efface. Un nouveau monde de la négociation et des contrats, éclot. Un nouveau monde tout court, éclot. Quelles prérogatives humaines souhaite-t-on conserver ? Quelle collaboration humain-machine? A l’aune de quels critères opérer ces choix?

En 2009-2010, n'étant plus proche aidante, devenue maman, si je n'avais pas fait le choix de larguer les amarres pour chercher ma voie/voix professionnelle, serais-je aujourd'hui comme le pompiste de mes jeunes années d’automobiliste, vouée à l’obsolescence?

Les juristes d'aujourd'hui seront-ils les pompistes de demain? Ce qui vaut pour les métiers du droit vaut pour beaucoup d’autres. Qui seront les pompistes de demain?

Le mouvement et le changement sont le propre de la vie. Ils réjouissent. Stimulent. Ils font peur.

Notre époque demande du courage. De la foi. De la confiance en l’éclat de l’humanité, au-delà de réalités plus sombres. Comprendre davantage, pour réduire la crainte, dépasser la peur. C'est ainsi que l'on traverse les mutations, celles de nos vies, de nos métiers, de nos sociétés.

Marie Curie, à qui l'on attribue souvent cette citation — « Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre. Il est temps de mieux comprendre pour moins redouter » — incarnait ce principe. Sa vie le démontre. Une femme pionnière dans ses travaux sur la radioactivité, ainsi que pour la découverte du radium et du polonium, récompensée par deux Prix Nobel. Une femme persévérante et courageuse dans ses recherches, ses avancées, dans la joie, comme dans les épreuves et les difficultés qui ont jalonné sa vie. Une femme inspirante pour des générations. De ces êtres, illustres ou anonymes, qui nourrissent l'envie de développer le meilleur de soi. De dépasser la peur.

La peur est une émotion naturelle, et utile. Il y a danger. Réel ou imaginaire. Elle peut figer, initier la fuite ou le combat. Cette citation qui s'inscrit parfaitement dans notre époque, dans notre société transformée par le numérique avec toutes les incertitudes, inquiétudes, peurs légitimes que cette mutation peut engendrer, me semble constituer une rassurante invitation à dépasser d'éventuelles peurs grâce à la compréhension, fille de l'éducation, de la curiosité, de l'émerveillement.

Un séminaire de culture et citoyenneté numériques

Ne soyons pas échec et mat!

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Le numérique ne transforme pas que nos outils. Il est l’architecture de notre société. Il interroge notre humanité et notre place dans la société. Un véritable défi anthropologique.

Avançons ensemble. Je prépare un Séminaire de culture et citoyenneté numériques. À travers ce séminaire, je vous propose un parcours interdisciplinaire – histoire, technologie, droit, culture générale - pour comprendre, construire et mettre en œuvre une citoyenneté individuelle et collective, consciente et responsable à l'ère numérique.

Il se veut un séminaire interdisciplinaire et citoyen, pour toucher et s’adapter à des publics divers, dans des formats courts (une demi-journée, une journée) ou long. Je lance l'appel - mon rêve: un cours complet.

Il fallait une porte d'entrée large et ludique dans ce monde fait de 0 et de 1.

Le déclic m’est venu à la lecture d'un article évoquant la série télévisée Rematch (la revanche) diffusée sur la RTS 1 en septembre 2024. Le rappel d’un choc historique. New York, 11 mai 1997. Sous le regard du monde entier, une confrontation épique bascule l'ordre établi. Feng-Hsiung Hsu et ses collègues voient leur machine IBM Deep Blue vaincre dans un match officiel en six parties le légendaire, et hégémonique, champion du monde d’échecs Garry Kasparov. Une nouvelle perspective s’ouvre: «Pour la première fois un ordinateur bat le champion du monde d’échecs au cours d’un match sérieux. (…) Deep Blue, qui a fixé un jalon majeur dans l’histoire de l’Humanité et a modifié à jamais notre vision de ce à quoi pouvait ressembler notre vie avec l’ordinateur», explique Feng-Hsiung Hsu, L’homme qui a battu Kasparov sans vraiment savoir jouer aux échecs (p. 7). En 1985, année où Garry Kasparov accède au titre de champion du monde, doctorant, il initiait ce projet de longue haleine, époustouflant pour l’informatique, les échecs, et l’humanité.

Voilà une porte d'entrée grande ouverte! Un jeu vieux de plus de quinze siècles, universel, intergénérationnel, omniprésent dans la culture et sur les places de nos villes. Au-delà de la bataille, le lien. La quête, le dépassement, moteur tellement humain que nous rappelle le pionnier Feng-Hsiung Hsu: «La création d’un ordinateur capable de battre un champion du monde dans un match constitue l’un des Graals ancestraux de l’informatique. Cette quête remonte au 18e s., bien avant les ordinateurs mécaniques de Charles Babbage au 19e s.» (p. 215). Charles Babbage avait renoncé à construire une machine d’échecs, trop complexe. « When you look back at the history of computers it seems like as soon as a machine was invented, the next step was to turn it into a chess machine », écrit Garry Kasparov dans Deep Thinking (p. 28). Ou alors, est-ce l’inverse ? Voire, les deux affirmations sont vraies? Il est des rencontres inéluctables!

Fait intéressant: quand bien même l’humain est surpassé par la machine joueuse d'échecs depuis plus de 20 ans, le Roi des jeux, le jeu des Rois, dont la Dame est depuis le XVe siècle la pièce la puissante, connaît une popularité croissante. Selon l’ONU – 605 millions d'adultes y jouent régulièrement. Si la plateforme chess.com – des millions de parties jouées chaque jour en ligne, plus de 230 millions d’utilisateurs, et cela ne fait qu’augmenter – était un pays, elle serait classée au huitième rang mondial par sa population!

Je voulais donner au séminaire une structure claire, et modulable selon le temps à disposition pour convenir à différents formats. Le jeu d'échecs complet m’a exaucée!

L’échiquier et les six pièces - roi, dame, tour, fou, cavalier, pion, soit sept modules, permettent une structure claire et modulable. A chaque module sa thématique, plus ou moins développée selon le temps imparti.

Je vous donne un exemple. Pour rester dans le sujet de ce post, au PION, j’ai rattaché la thématique du travail. « Les pions sont l'âme des échecs », écrivait en 1749 le compositeur, joueur et théoricien des échecs français François-André Philidor (p. 247) dans son livre Analyse du jeu des Échecs. Le pion, fantassin, pièce modeste qui ambitionne d’être promue. Derrière une banalité de façade se cache le socle vital du jeu. Et par-delà l'échiquier, celui du travail et de nos sociétés. Le pion permettra d’explorer certains enjeux liés à la thématique du travail: le nôtre, son évolution, celui des travailleurs de l'ombre du numérique, les data workers, les travailleurs du clic.

Quant aux autres pièces et à l'échiquier, ils révéleront leurs thématiques lors du séminaire.

Numérique et citoyenneté – Le choix vous appartient!

Les échecs, un fil conducteur. Un jeu vieux de plus de quinze siècles, universel. Jeu de guerre, puis représentation de la société. Une force symbolique qui invite à la réflexion. Un ensemble: un échiquier et six pièces différentes, sur lesquels s’appuyer pour commencer à répondre à deux questions essentielles:

👑 L'échiquier, socle du jeu: dans quelle société voulez-vous vivre? A vous de choisir votre échiquier.

👑 Les pièces, les forces vives: quelle citoyenne, quel citoyen voulez-vous être? A vous de choisir votre pièce.

L’objectif du séminaire est de vous apporter des éléments pour répondre à ces questions. Mais la réponse vous appartient.

Vous souhaitez en savoir plus sur ce séminaire? N'hésitez pas à me contacter! Je serai ravie de vous donner un avant-goût de ce qui se prépare et de vous tenir informé(e) des prochaines étapes.

Belle journée, et à bientôt!
Anne-Sylvie

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