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Souriez, nous sommes mesurés!

Publié le 29 juin 2026 à 15:56 par Anne-Sylvie Weinmann
image (c) ASW
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Une vraie question

« Vers une société de surveillance ».

Voici le titre d'un édito qui me glace.
Pourtant, depuis d'interminables jours, l'air brûlant de la rue a tenacement envahi l'espace de mon bureau.
Le thermomètre s'affole.
C'est la canicule!
Les cerveaux (en tout cas le mien) bouillonnent.

Peu importe les records du mercure, il pose une vraie question (comme disent les jeunes), fondamentale, qui ne peut ni fondre, ni s'évaporer:

« Voulons-nous vraiment glisser vers cette société où nous sommes mesurés, filmés, enregistrés et analysés? »

Pour moi, la réponse est évidente: non.

KI Retail Analytics. KIRA, en bref.

Cette fois, c'est Swisscom, premier opérateur de télécommunication de Suisse détenu à 51% par la Confédération helvétique, qui remet au cœur du débat la question de notre surveillance.

L'opérateur utilise déjà des capteurs pour mesurer l’afflux dans ses magasins. Il veut aller plus loin. "Swisscom veut se servir de l'intelligence artificielle pour analyser le comportement de ses clients dans ses boutiques. Des capteurs et des micros seront ainsi installés au plafond de certains magasins pour enregistrer les mouvements et les conversations", lit-on sur le site swissinfo.ch.

Les exemples se suivent, et se ressemblent. Les supermarchés Coop. Les espaces CFF. Les shops Swisscom. Entre les salades et les shampoings, étape d'une escapade ferroviaire ou en route pour un colloque, une carte SIM HS (du vécu) ou un câble à changer, des lieux simples de notre vie quotidienne, sous surveillance.

Sous le prétexte récurrent, séduisant, voire hypnotisant d'un meilleur service, clients et employés deviennent des données. De la data.

Cela me rappelle toujours l'histoire de la grenouille barbotant en toute innocence, ou naïveté, dans une casserole.
Imperceptiblement, progressivement, l'eau chauffe.
Et la grenouille fut cuite.
Immobilisée. A tout jamais
Fin de l'histoire.

D'un produit technologique à un environnement complet. "Digital tech is no longer a set of products, but it’s an environment, an architecture, the condition within which we live and work, and it gets more elaborate - and more troublesome - by the day", relève l'auteur Bruno Giussani dans un post LinkedIn décortiquant les enjeux derrière des projets comme KIRA.

Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence, interrogé par la rédaction d'ICTJournal sur la légalité du dispositif KIRA, qu'il n'a pas examiné en détail mais renvoie à un projet comparable mené chez Coop, rappelle quelques principes directeurs encadrant ce type de projet.

Faisable.
Légal.
Souhaitable?

Ce que nous acceptons, refusons aujourd’hui façonne déjà notre futur, et celui de nos enfants, construit le monde à venir.

Optimisation, efficacité, rentabilité, sécurité vs nos libertés fondamentales et notre dignité humaine.
Une voie médiane, un juste équilibre à trouver, collectivement.
Pour moi, la réponse est évidente: non.

KI Retail Analytics. KIRA, en bref. Cette fois, c'est Swisscom, premier opérateur de télécommunication de Suisse détenu à 51% par la Confédération helvétique, qui remet au cœur du débat la question de notre surveillance.

L'opérateur utilise déjà des capteurs pour mesurer l’afflux dans ses magasins. Il veut aller plus loin. "Swisscom veut se servir de l'intelligence artificielle pour analyser le comportement de ses clients dans ses boutiques. Des capteurs et des micros seront ainsi installés au plafond de certains magasins pour enregistrer les mouvements et les conversations", lit-on sur le site swissinfo.ch.

Les exemples se suivent, et se ressemblent. Les supermarchés Coop. Les espaces CFF. Les shops Swisscom. Entre les salades et les shampoings, étape d'une escapade ferroviaire ou en route pour un colloque, une carte SIM HS (du vécu) ou un câble à changer, des lieux simples de notre vie quotidienne, sous surveillance.

Sous le prétexte récurrent, séduisant, voire hypnotisant d'un meilleur service, clients et employés deviennent des données. De la data.

Cela me rappelle toujours l'histoire de la grenouille barbotant en toute innocence, ou naïveté, dans une casserole.
Imperceptiblement, progressivement, l'eau chauffe.
Et la grenouille fut cuite.
Immobilisée. A tout jamais
Fin de l'histoire.

D'un produit technologique à un environnement complet. « Digital tech is no longer a set of products, but it’s an environment, an architecture, the condition within which we live and work, and it gets more elaborate - and more troublesome - by the day », relève l'auteur Bruno Giussani dans un post LinkedIn décortiquant les enjeux derrière des projets comme KIRA.

Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence, interrogé par la rédaction d'ICTJournal sur la légalité du dispositif KIRA, qu'il n'a pas examiné en détail mais renvoie à un projet comparable mené chez Coop, rappelle quelques principes directeurs encadrant ce type de projet.

Faisable.
Légal.
Souhaitable?

Ce que nous acceptons, refusons aujourd’hui façonne déjà notre futur, et celui de nos enfants, construit le monde à venir.

Optimisation, efficacité, rentabilité, sécurité vs nos libertés fondamentales et notre dignité humaine.
Une voie médiane, un juste équilibre à trouver, collectivement.
« Tout cela mériterait un sérieux débat de société. »

Merci Anouch Seydtaghia pour vos édito et article. Dans la torpeur que nous impose ce dôme de chaleur, ils résonnent comme un appel pressant au réveil. A la prudence. A la vigilance. A la réflexion. Au débat collectif.

Belle fin de semaine à toutes et tous!
Anne-Sylvie

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