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It's Summertime!

21/06 – premier jour de l’été, et fête de la musique…
„Summertime, and the livin' is easy“ chantait magnifiquement Ella Fitzgerald
Summertime… le temps des luciolles - lueurs valsantes des nuits estivales, yeux pétillants dans la chaude obscurité…
Des yeux, un regard…
Il y a une quinzaine d’années, j’ai rencontré une femme, âgée, toute petite et menue. Elle était atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade très avancé. Elle répétait à l’envi « Buen, buen ! ». Elle était d’origine espagnole. Si le vide avait conquis son esprit, son regard vivait. On entend régulièrement les gens atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de démence à un stade avancé être comparés à des légumes. Qualificatif malheureux. Chez cette femme, je n’ai décelé la moindre similitude avec les carottes, les choux ou les radis éteints qui peuplent amorphement mon frigo…
Cela interroge, sur les humains, notre condition, sur les robots humanoïdes, nos essences et nos places respectives. Devons-nous les craindre, nous remplaceront-ils, qu’est-ce qui nous en distingue, nous sépare ?
Intuitivement, je répondrais qu’un monde, nous sépare. Et, plus spécifiquement ? Vaste question. Creusons.
Le regard de cette femme propose un début de réponse.
La distance entre les robots humanoïdes et les humains peut se mesurer à l’aune du regard.
Le regard – étalon à l’ère numérique ?
Cette lueur au fond des yeux qui sans un mot te dit « Je t’aime ! », « Tu as du prix à mes yeux » ou « Vas-y, tu peux le faire »…
Cette étincelle qui transmet la confiance en soi, en les autres, en la vie…
Ce regard, lieu de repos, flamme réchauffante, vivifiante…

Le tout petit s’observe dans le miroir et questionne du regard ses parents : « Est-ce bien moi ? », « Oui c’est bien toi » lui répond l’étincelle d’un regard bienveillant….
Cette étincelle, qui donne la force, l’envie de grandir, de partir, d’agir, d’aller de l’avant, de vivre…
Zora - qui fait danser grand âge …
Nao et ses semblables – joueurs polyglottes, veilleurs infatigables des fragilités infantiles …
Zora, Nao, subtilement utiles, trop mignons…
Mais dans leurs yeux, point de brandons…
Un regard humain - étincelle dansante, éclat révélateur, lueur transformatrice de la vie en moi, en vous, en nous…
Pour un robot, une inaccessible alchimie; c’est tout!

