Vous pouvez naviguer avec CTRL + Clic gauche si vous souhaitez consulter mes articles ou des hyperliens sans flèche, dans des onglets séparés.
Un mercredi violet!

«Ce que la Suisse d’aujourd’hui doit aux pionnières venues d’ailleurs» titre la une du journal Le Temps de ce mercredi violet, journée de la grève féministe.
J’ai eu la chance de rencontrer une pionnière presque «venue d’ailleurs».
Une pionnière presque "venue d'ailleurs".
Marielle Stamm, pionnière du journalisme en informatique naît à Marseille, avant la seconde guerre mondiale, grandit dans la cité phocéenne où son grand-père arrivé du canton de Schaffhouse s’était installé en 1888.
Poughkeepsie, Marseille, Tokyo, Paris, Marielle Stamm suit dès le milieu des années 50' son premier mari qui «avait décroché un job chez IBM; c’étaient les balbutiements de l’informatique».
Elle songe à divorcer, compliqué dans les années soixante! «Je ne cherchais pas à toucher une pension alimentaire, je voulais travailler, trouver un job». Un parcours du combattant. Un refrain tourne en boucle dans la bouche de ses interlocuteurs: secrétaire, secrétaire, secrétaire. «L’équation était simplissime. J’étais une femme donc je ne pouvais qu’être secrétaire ou hôtesse d’accueil. Au Ritz, par exemple pour répondre au téléphone à côté du concierge. On m’a proposé cet emploi alors que mes anciens camarades de Sciences-Po de l’autre sexe obtenaient des emplois de directeurs».
Au bout d’un chemin rocailleux, jalonné toutefois d’heureuses rencontres, les portes de la SESA, Société d’Etudes des Systèmes automatisés, s’ouvrent à elle en 1969. Engagée avec le titre vague d’attachée de direction, et sans aucune mission, elle crée du marketing avant l’heure: les magnifiques Cahier SESA, une exposition pionnière : «Ordinateur et Création Artistique».
En 1974, elle s’installe en Suisse par amour pour son second mari.
« Quand je suis arrivée en Suisse le mot ordinateur et le mot informatique étaient absents de la presse quotidienne, une terminologie encore inconnue. La presse de niche présentant l’informatique n’existait pas encore en Suisse. Quand on me demandait quel était mon métier et que je répondais que j’étais journaliste en informatique, on me regardait avec des yeux «gros comme ça», (et de joindre le geste à la parole). C’est quoi un ordinateur? Seuls les spécialistes connaissaient ce mot et sa signification. J’étais une pionnière!» explique celle qui se rêvait pianiste, un autre clavier!
En 25 ans, elle a façonné son premier job et inventé son métier, est devenue journaliste en informatique. Elle a publié 225 journaux ou magazines, écrit plus de quatre mille articles, vulgarisé l’informatique à l’intention d’un nouveau public de Suisse romande, créé une PME, formé des journalistes, dirigé une équipe et sauvé des emplois.
En s'affranchissant, à force de persévérance et de travail, des carcans que lui imposait son époque, Marielle Stamm a ouvert des voies longtemps interdites aux femmes. Merci, infiniment!!
Portrait complet : « Des mots pour le dire – Parties 1 et 2 » sur la page "Mémoires vives" du Musée Bolo: Musée suisse de l’informatique, de la culture numérique et du jeu vidéo
Excellente journée!
Anne-Sylvie
