Vous pouvez naviguer avec CTRL + Clic gauche si vous souhaitez consulter mes articles ou des hyperliens sans flèche, dans des onglets séparés.
Les échecs: 64 cases et des histoires à l'infini.

L’histoire possède cette merveilleuse capacité de nous transporter à travers les âges et les lieux. Celle de l’informatique, à l’instar de celle des échecs, ne font pas exception et nous offrent généreusement leur pouvoir d’exploration, de découverte et d’imagination.
Le mathématicien Al-Khwarizmi (780-850) est souvent considéré comme le «père de l’algèbre». De son patronyme découle le terme «algorithme», un des piliers de l’informatique qui s’impose aujourd’hui au centre des débats et réflexions, transforme notre quotidien.
Au cœur du Califat abbasside, moteur de l’essor des échecs, Al-Khwarizmi s’adonnait-il à ce jeu où le vizir aux déplacements réduits n’avait pas encore cédé sa place à une puissante reine?
Une rencontre entre ces deux histoires a-t-elle eu lieu avant les machines? Avant l’abondance de la plateforme échiquéenne chess.com, l’ovni autoentraîné AlphaZero (2017), le choc retour Garry Kasparov vs Deep Blue (1997), le programme d’échecs (1968) de la lauréate du Prix Turing Barbara Liskov (2008), ou le Turochamp d’Alan Turing et D. G. Champernowne (1948) aux positions calculées à la main, El Ajedrecista, premier automate joueur d’échecs construit par Leonardo Torres Quevedo (1912), l’imposteur Turc mécanique (1769), et bien d'autres encore?
Construire une machine capable de jouer aux échecs (et de battre un champion du monde) a longtemps représenté le saint-graal des inventeurs. L’ingénieux Charles Babbage n’a pas échappé à la tentation de ce défi, qui se refusera à lui. Ce jeu vieux de seize siècles au moins, universel, terrain d’entraînement des pionniers de l’intelligence artificielle, occupe également une large place dans la culture, nos loisirs. Anime nos quartiers.
Une reine du jeu des rois.

Ce dimanche, dans le cadre des Mystères de l'UNIL, j’ai eu la chance d’assister à une conférence enthousiasmante d’Alexandra Kosteniuk, grande maître internationale russo-suisse d’échecs, championne du monde en 2008, et Catherine Thevenot professeur en psychologie cognitive à l’Université de Lausanne, animée par Boris Senff, journaliste à 24 heures.
La question: « Jouer aux échecs rend-il plus intelligent? »
La réponse: « Jouer aux échecs… rend meilleur aux échecs! »

En cadeau
♟ Deux parties bon enfant Alexandra Kosteniuk contre/avec le public.
♟ Le partage des enseignements précieux que le roi des jeux a apporté à cette reine de l’échiquier: réfléchir avant d’agir, avancer avec un but, avoir de la patience, prévoir plusieurs coups à l’avance, s’adapter aux changements, contrôler ses émotions.
N’est-ce pas une forme d’intelligence? Question de définition…
Pour moi les intelligences sont plurielles, et constituent la richesse de l'humanité.
Un grand Merci et Félicitations à toutes les personnes qui ont rendu ce très bel évènement possible!
Anne-Sylvie
