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Il y a 40 ans, quand le roi et la puce se rencontrent.

Publié le 10 juin 2025 à 12:04 par Anne-Sylvie Weinmann
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"Le 5 juin 1985…"

Ce sont les premiers caractères que je lis ce matin en ouvrant le passionnant La nouvelle révolution des échecs, enjouée à l’idée de poursuivre la création de mon séminaire citoyen de culture numérique.

La coïncidence des dates attire mon attention.
Éveille ma curiosité.
Et m’arrête net.

Les graines d'une future confrontation historique sont plantées...

Mais que s’est-il passé il y a 40 ans jour pour jour dans le monde entrelacé des échecs et de l’informatique?

Je vous livre la réponse brute:
«Le 5 juin 1985, cinq mois avant de battre Anatoly Karpov et de devenir le 13e champion du monde d’échecs, Garry Kasparov jour une simultanée remarquable à Hambourg, en Allemagne. Tous les adversaires sont des micro-ordinateurs. Les quatre principales entreprises de l’époque produisant des ordinateurs d’échecs pour le grand public, Hegener & Glaser, Fidelity Electronics, Novag, et SciSys, y participent toutes, avec leurs quatre modèles les plus forts. Kasparov remporte la totalité des parties: 32 – 0. Il aime à dire que c’était là le «bon vieux temps des échecs sur ordinateurs», et on comprend pourquoi. Les années 1980 seront la dernière décennie durant laquelle les humains pourront encore se moquer des prouesses des ordinateurs aux échecs» (pp. 188-189).

Cette même année 1985, le développement d’une puce conçue exclusivement pour jouer aux échecs est initié à Carnegie Mellon par un jeune doctorant: Feng-Hsiung Hsu. ChipTest n’est autre que l’ancêtre de Deep Blue d’IBM, un ordinateur entré de manière tonitruante dans l'histoire le 11 mai 1997.

«J’avais le plan de base pour construire la mère de toutes les machines d’échecs, une machine capable de vaincre le champion du monde. Donc, j’avais l’occasion de me lancer à la poursuite du plus ancien des graals de la science informatique et potentiellement de rester dans l’histoire », écrit-il dans L’homme qui a battu Kasaprov sans vraiment savoir jouer aux échecs (p. 48).

Il faudra encore 12 ans de persévérance et de développements à Feng-Hsiung Hsu et ses collègues pour voir leur machine vaincre le légendaire champion du monde d’échecs Garry Kasparov, et pénétrer sans retour un bastion de l’intelligence humaine.

Sous le regard du monde entier s’est déroulée une confrontation épique: humain contre machine ou machine contre humain, selon votre préférence. Ou bien, au-delà des 200 millions de positions calculées par seconde: un match humain contre humain? Voire les deux?

Bonne lecture, et très belle journée!
Anne-Sylvie

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